En entrant dans cet espace, vous pourriez bien vous y rencontrer. Découvrir vos profondeurs et lever tous vos blocages. Et retrouver l'apaisement. Un voyage vers soi à travers l'infini de l'arbre familial, son champs des possibles et la Psychogénéalogie.

PREMIÈRE URGENCE : BAPTISER BÉBÉ

PREMIÈRE URGENCE : BAPTISER BÉBÉ

Tous les actes de baptême anciens le prouvent. Jusqu’au siècle dernier, l’enfant baptisé vient de naître. Il est dit né du matin, du jour, tout au plus de la veille. C’est que, compte tenu des maladies en tout genre qui risquaient de l’expédier ad patres à peine venu au monde, le bébé, s’il mourait sans avoir été baptisé, était condamné à errer dans les limbes.

Dès sa naissance, c’est à peine si la matrone (ou sage-femme), quand il y en avait une, avait le droit de le laver et de lui remodeler le nez à son goût (pas toujours de façon réussie d’ailleurs). L’urgence exigeait que le père prenne en toute hâte le chemin de l’église, et cela quelles que fussent les conditions météorologiques.

On imagine dès lors qu’un tel voyage, les jours de grand froid, compromettait davantage encore les chances de survie de l’enfant. D’autant que, dans certaines régions d’habitat dispersé, il fallait souvent faire une dizaine de kilomètres à pied pour gagner l’église. Enfin, si par manque de chance, le curé était absent de chez lui, qu’il soit allé déjeuner chez son évêque ou porter les saints sacrements à quelque moribond, on repartait aussitôt pour le bourg voisin afin que coûte que coûte le nouveau-né fût baptisé.

Le père était donc en chemin avec le parrain et la marraine, eux-mêmes plus ou moins hélés au passage. Autrefois, il semble qu’un garçon ait eu deux parrains et une fille deux marraines. Qui étaient-ils ? Le choix n’était pas arbitraire. Les aînés étaient parrainés par leurs grands-parents si ceux-ci vivaient encore, ce qui était rare.

On s’adressait ensuite aux oncles et tantes, aux cousins et cousines puis, dès qu’ils étaient en âge, aux frères et sœurs aînés (sans contraception, une femme avait près d’une maternité tous les quinze ou seize mois). La priorité donnée aux grands-parents et aux oncles n’est pas qu’une politesse de principe. Les filleuls ne pouvant épouser leurs parrains et marraines, les choisir plus âgés qu’eux permettait donc d’éviter des situations délicates.

Souvent aussi, on demandera aux notables de la paroisse, cela surtout à partir du XVIIe siècle, époque à laquelle ils ne sont plus de grands seigneurs mais des petits bourgeois, plus proches des gens. C’est un honneur et, pour le filleul, peut-être un espoir d’héritage.

Quoi qu’il en soit, à l’origine, il semble que le prénom n’ait pas plus été choisi que les parrain et marraine. Il est souvent automatiquement celui du parrain pour un garçon et de la marraine pour une fille, qui ont d’ailleurs souvent le même, au masculin et au féminin.

Voilà pourquoi chaque famille avait tant d’homonymes parmi ses enfants, à plus forte raison lorsqu’ils se parrainaient entre eux. Pour l’anecdote, il n’est pas rare, jusque vers 1900, de voir trois ou quatre frères (ou sœurs) recevant le même prénom. On se débrouillait ensuite avec des « l’aîné », avec des sobriquets ou encore d’autres prénoms qui s’y substituaient complètement dans la vie courante.

Le parrain et la marraine étaient importants. On trouve de ce fait des Parrain et Parrin (qui peuvent toutefois être des déformations locales de Perrin o). Mais on trouve surtout des Fillol, Filliol, Filleul, avec tous les Fillioux, Fillon, Fillion, et les bourguignons Fiot et Fyot.

À ce chapitre on rattachera les noms comme Parfait et Reffet, qui peuvent se référer à ces coups de main de sages-femmes remettant un nez à l’endroit. On citera aussi Payen, assez énigmatique. Il a pu désigner le paysan, mais aussi l’enfant baptisé tardivement, contrairement aux habitudes.

Sce:JLBoucarnot

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