ANASTASIA PSYCHOGENEALOGIE

ANASTASIA PSYCHOGENEALOGIE

En entrant dans cet espace, vous pourriez bien vous y rencontrer. Découvrir vos profondeurs et lever tous vos blocages. Et retrouver l'apaisement. Un voyage vers soi à travers l'infini de l'arbre familial, son champs des possibles et la Psychogénéalogie.


Nos accidents ont-ils un sens ? 2 ème partie

Publié par Anastasia Gross sur 8 Octobre 2020, 22:24pm

Catégories : #ARTICLES

Nos accidents ont-ils un sens ? 2 ème partie

Yvan

Yvan est guide de haute montagne depuis une dizaine d’années. Il vient me voir pour tenter de percer le mystère d’un accident étrange qui lui est arrivé 6 mois plus tôt et au cours duquel il aurait facilement pu passer de l’autre côté de l’existence. Travaillant sur un toit, il est allé se positionner au-dessus d’une petite trappe, point faible de la verrière qu’il était censé nettoyer. Cette trappe n’avait pas été verrouillée correctement par une équipe d’ouvriers travaillant sur le même chantier. Mais de l’avis même d’Yvan, compte tenu de sa faible largeur, le simple fait d’avoir pu ouvrir les bras par un geste réflexe lui aurait épargné une chute de 6 ou 7 mètres. Plusieurs vertèbres abimées, deux mois d’hôpital, le double de rééducation, Yvan aurait pu s’en sortir beaucoup moins bien. Il est passé tout près de la mort ou de la paralysie.

Cet accident s’est déroulé le 2 Novembre, le jour des morts (comme par hasard, le week-end de la Toussaint est traditionnellement le plus meurtrier de l’année sur les routes de France). Déjà sensibilisé par la lecture de mon livre « pourquoi j’aurais dû mourir en montagne » à la question des syndromes d’anniversaire, Yvan a conscience que son accident par sa date et son caractère improbable raconte une histoire qui n’a rien à voir avec le hasard.

Ma première question : « De quand date ton envie de devenir guide de haute montagne ? »

« Vers 1994, 1995 ? »

« Qu’est ce qui t’a poussé à franchir le pas ? »

« Ma mère ! »

Du coup, ces réponses fort claires -ce n’est pas toujours aussi limpide, loin s’en faut !-m’envoient vers l’arbre maternel avec une question très simple : « Qu’est-il arrivé à ta mère dans la période d’avant 1994 ? »

Yvan ne met pas longtemps à me répondre… « Elle a vécu une série de deuils qui a commencé en 1991. D’abord Serge, le fils aîné de son frère aîné qui était aussi mon parrain. Il est mort écrasé par sa propre voiture. Il s’est interposé alors que des voyous essayaient de lui dérober sa voiture. Ces derniers n’ont pas hésité à lui rouler dessus. Ce fut un véritable drame familial. Serge était très aimé. Le clan familial maternel était plutôt du genre soudé. Après cette mort injuste et violente, tout s’est écroulé comme un château de cartes. Ne s’en étant pas remis, le père de Serge est mort près d’un an plus tard. Puis en 1993, l’autre frère de ma mère, si bien qu’en l’espace de deux ans, ma maman a perdu son neveu chéri et ses deux seuls frères. Environ un an plus tard encore, son père est décédé ! C’était en 1994… »

Tout s’éclaire. Les deuils en série devenaient insupportables. Après avoir perdu son neveu préféré, ses deux seuls frères puis son père, la mère d’Yvan lui demande d’aller là-haut vers le ciel, le plus régulièrement possible pour maintenir le lien avec les disparus. En cela, le métier de guide de haute montagne constitue une solution parfaite à sa problématique. Pour rembourser sa dette, Yvan va donc accepter l’injonction inconsciente de sa mère, quitte à y laisser sa vie, à son tour.

Enseignement :

Son accident surviendra dans sa 36^ème^ année. Sa mère a eu 36 ans entre le deuil de son neveu adoré et de son frère aîné. Je ferais donc la supposition suivante : pour Yvan, en dette et en lien avec sa mère, il s’opère dès l’âge de 35 ans une relecture inconsciente des stress non digérés et vécus par sa génitrice au même âge. De telle manière que le poids des deuils non faits de celle-ci était devenu trop lourd à porter à partir de 36/37 ans. L’accident d’Yvan fait donc sens. Il s’agit d’un syndrome d’anniversaire dont le but caché est de lui permettre de ne pas revivre cette série noire et accessoirement d’aller rejoindre prématurément ceux qui sont déjà là-haut, au royaume des morts, et dont l’absence pèse infiniment sur le clan familial. La seule clef possible : réaliser enfin ces deuils en suspens.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Nous sommes sociaux !

Articles récents