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2020-10-08T21:40:28+02:00

Les arbres gynécologiques 3 ème partie

Publié par Anastasia Gross
Les arbres gynécologiques 3 ème partie

Pathologies « fantômes »

Si les jeunes femmes de l’an deux mille n’ont plus honte d’avoir leurs règles, ce qui est un réel acquis de notre génération, cela n’explique pas qu’encore aujourd’hui, un très grand nombre de femmes continuent à avoir des règles douloureuses. Dans ce cas, à l’interrogatoire médical, on trouve toujours des pathologies gynécologiques qui ont atteint l’intégrité des femmes dans les générations antérieures :Ou bien, ce sont leur mère ou leurs tantes qui ont souffert de règles douloureuses ou bien ce sont leurs grand-mères et leurs arrières grands-mères qui ont été accablées de drames épouvantables : soit elles ont eu une hystérectomie, soit une ablation de l’utérus et des ovaires, soit elles sont mortes de grossesse extra-utérine, de cancer du sein ou de l’utérus ou n’ont pas survécue à la naissance de leur dernier enfant, soit elles ont eu des enfants morts, ont fait des fausses couches à répétition, ont perdu très jeunes leur mère, leurs frères ou sœurs d’épidémie ou leur père à la guerre, soit encore, elles étaient orphelines, enfant illégitime ou adoptées, sans connaître la vérité de leur histoire.

À l’époque de leurs mères et de leurs grand-mères, on taisait ces évènements sans penser que cela puisse avoir de conséquences. On ne parlait pas des drames qu’on voulait oublier, comme si le fait de les taire pouvait les faire disparaître. On se disait qu’il ne fallait rien en dire pour ne pas faire de peine aux enfants ou à d’autres personnes.

Ce n’est pas par ce qu’on occulte ce genre d’évènements, qu’ils s’effacent. Les plaies que créent ces drames de la vie et de la mort et donc de la sexualité, restent ouvertes dans l’inconscient et ne peuvent cicatriser . Le deuil de ces malheurs ne peut se faire puisqu’on ne peut s’en faire une juste représentation. Comme ces traumatismes n’ont pas pu être ni acceptés, ni digérés, ils se transmettent dans la succession en y produisant des « pathologies fantômes ». Les secrets et les non-dits enkystent la pensée et l’empêchent de se donner une vision claire de la vie. Il se crée alors une crypte en nous dans laquelle ces traumatismes sont toujours actifs et ont besoin de s’exprimer d’une façon ou d’une autre.

« Le syndrome prémenstruel »

Ces forces occultes que nous portons en nous qui s’expriment par des troubles rythmés par les règles, ont été appelé par la médecine, « le syndrôme prémenstruel ». Pour les unes, ce sera de la mauvaise humeur, de la vulnérabilité, de l’insatisfaction, de la tristesse ou de la violence dans laquelle elles en veulent à la terre entière, et pour d’ autres, ce sera de l’apathie, de l’inertie, de l’épuisement ou des dépressions sans compter les douleurs des seins, le ballonement du ventre, le gonflement des chevilles et des jambes, les nausées et vomissements et les maux de tête pouvant se manifester comme de terribles migraines.

C’est en réponse à mes questions que mes patientes découvrent le poids que représente l’héritage des femmes de leur famille. Je leur demande alors de mener une enquête, afin de connaître les faits marquants de la vie sexuelle de leurs ancêtres, d’interroger leur mère, tantes et grand-mères pour savoir comment elles ont vécu leur vie de femme et de mère, d’être attentives aux dates de naissance, de mariage, de séparation, de maladie et de mort afin de voir si certaines se répètent.

C’est ainsi qu’elles comprennent que leurs douleurs sont le témoignage des souffrances antérieures des femmes de leur famille que leur utérus essaie d’expulser. Ces douleurs de règles se présentent souvent comme des contractions. Et si le bas-ventre se tord ainsi de douleurs, c’est qu’il rencontre un obstacle, un nœud, quelque chose qui le gêne, l’embarrasse, et qu’il tente d’expulser de cette façon. Il en est de même lorsque les saignements sont trop abondants[2], puisque c’est une autre façon qu’a le corps d’essayer de se dégager de quelque chose qui l’encombre en l’éliminant. Toutefois, dans ces cas, il n’y a rien à éliminer physiquement. L’examen de ces femmes est normal, puisque les obstacles que rencontre l’écoulement des règles ne se situent pas dans la dimension physique du corps. Ces blocages se situent dans ce qu’on appelle « le corps énergétique », « émotionnel » et « mental » qui signalent des traumatismes encore « à vif ». C’est dans le psychisme et l’émotionnel, et non dans le corps physique qu’est l’origine de ces troubles qui se transmettent de mère en fille. C’est donc par la parole avec sa mère ou avec un thérapeute qu’on arrive à leur donner un sens et qu’on les résout.

Il est important d’expliquer aux jeunes filles qu’elles ont été configurées comme leurs mères et comme les femmes de leur famille. Souvent j’ai constaté que cette information suffisait à dissoudre leurs douleurs. Comprendre que leurs troubles ne leur appartiennent pas en propre, mais proviennent d’une histoire passée, suffit à prendre son corps en main et y remettre de l’ordre. Les plus jeunes ajoutent avec humour « mais alors, ces gros seins et ces grosses cuisses ne sont pas non plus les miens ! » Dans ce cas, un travail énergétique les aide à récupérer leurs formes ainsi qu’un fonctionnement corporel normal.

Si les douleurs de règles ou leur trop grande abondance inaugurent l’héritage pathologique des femmes de la famille, plus tard dans notre vie de femme, les maladies gynécologiques en seront le témoignage.

Les maladies gynécologiques et leurs origines

Françoise me consulte par ce qu’elle a un fibrome pour lequel la chirurgie est préconisée. Son utérus a augmenté de volume, ses règles sont abondantes et la fatiguent. Elle aimerait essayer un traitement énergétique plutôt que de se faire d’emblée enlever l’utérus. Elle a 43 ans. L’interrogatoire généalogique m’apprend que sa sœur aînée a eu une l’hystérectomie (ablation de l’utérus ) à 44 ans, que sa tante, la sœur aînée de sa mère, en a eu une à 44 ans et que sa mère a aussi subie cette même opération à 43 ans. Françoise est la deuxième fille de trois enfants. Elle a trois ans de différence avec sa sœur aînée et elle est suivie d’un garçon de deux ans plus jeune. À la génération qui la précède, celle de sa mère, elles sont deux filles, elles aussi espacées de trois ans. Sa mère est la seconde et elle est suivie, à deux ans d’intervalle, d’une fausse-couche hémorragique. Poursuivant ce travail avec moi, Françoise apprend qu’à la troisième génération, sa grand-mère maternelle est morte en couches à 43 ans, en mettant au monde un garçon qui ne lui a pas survécu.

Dans sa lignée paternelle, son père, Bertrand, est le dixième de douze enfants. Il porte le prénom du neuvième enfant décédé avant sa naissance et il est suivi d’un onzième^^enfant qui lui aussi est mort en bas âge. Encadré de deux frères morts, ce père porte ainsi en lui la mort depuis sa naissance.

Ces informations et les répétitions qu’elles dévoilent sont, dans ce cas, si évidentes qu’elles font révélation. Françoise savait qu’elle suivait le même sort que sa mère et sa sœur, mais elle n’avait pas fait le lien avec la mort en couches de sa grand-mère maternelle au même âge qu’elle, dont on ne lui avait jamais parlé. Elle savait que sa grand-mère était morte alors que sa mère était encore petite, mais les circonstances exactes de cette mort avaient toujours été éludées. Françoise ignorait donc que sa grand-mère était morte en mettant au monde un garçon qui lui aussi était mort. Elle n’avait jamais pu en parler à sa mère, car à la moindre question, celle-ci sombrait dans un profond chagrin et se mettait à pleurer : il fallait taire l’événement, ne jamais aborder cette partie de l’histoire. Or Françoise avait spontanément, comme tout enfant le fait, soutenue et assistée cette mère déprimée, sans savoir que sa dépression venait de ce qu’elle n’avait jamais accepté la mort de la sienne et de son petit frère, elle n’en n’avait jamais fait le deuil.

Lorsque des drames sont ainsi tenus secrets, ils prennent dans l’esprit des descendants, l’aspect d’un « fantôme » au sens psychanalytique du terme[3], c’est-à-dire un « trou opaque et vide » qui se substitue aux représentations de la mort de la grand-mère et du petit frère. Le fil de la succession des générations est ainsi parasité par cet enkystement, ce « fantôme » qui , se transmettant inconsciemment de mère en fille, s’y présente comme une « pathologie de lignée ». Le traumatisme a provoqué un « arrêt sur image" où se bloque la dimension cyclique du temps puisque le fibrome de Françoise réactualise un événement qui s’est produit au même âge deux génération plus tôt.

La répétition est un phénomène pour l’apprentissage et l’intégration des évènements de la vie.Elle fait partie du psychisme humain . nous avons tous été structurés par le tissage des énergies de l’histoire de nos deux lignées et nous transmettons à nos enfants un état d’être qui leur donne les fondations de leur propre structure. C’est ainsi que la vie se répète, et comme ces répétitions surviennent à des âges ou des dates semblables, Anne Ancelin Schützenberger a conceptualisé ce phénomène en l’appelant le « syndrome d’anniversaire[4] ».

Les répétitions ne sont pas toujours aussi démonstratives que dans l’histoire de Françoise. Il est néanmoins troublant de découvrir que des similitudes de dates de naissance, de mort, d’accident ou de maladies se reproduisent dans les évènements marquants de la vie.

A ce niveau, les troubles gynécologiques de la femme, qu’ils soient fonctionnels[5] ou organiques[6], traduisent toujours des encombrements qui proviennent de leurs lignées de femmes. Les symptômes gynécologiques se signalent alors principalement de deux façons :soit ce sont des troubles rythmés par leur cycle : lourdeurs, douleurs ou ballonnements du ventre, des seins ou des jambes, irrégularités du cycle, saignements de l’utérus, fatigues générales, changements d’humeur, irritabilité, vulnérabilité et insatisfaction , soit ce sont des maux qui se sont installés : une prise de poids qui prédomine au niveau des seins, du ventre et des cuisses, des extrémités froides, pieds, mains et fesses gelés , des maladies à type de tumeurs bénignes fibromes, kystes ou malignes et cancers.

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