L'anorexie 2 ème partie

L'anorexie 2 ème partie

De la psychogénéalogie à la physique quantique
Nous héritons de certains traits de caractère de nos parents, mais aussi de toute l’histoire psychologique de notre famille. Nos aïeux avaient leurs peines, leurs doutes, leurs émotions inexprimées et leurs rêves inaccomplis. Nous en sommes imprégnés dans notre chair, que nous le voulions ou non. C’est ce qui est étudié en psychogénéalogie.

Une autre science récente, l’épigénétique, nous apprend que l’ADN ne porte pas seulement notre patrimoine génétique, mais aussi des informations comportementales faisant état de certains modes d’adaptation utilisés par nos parents et que nous tendons à reproduire. Exemple : une femme a vécu très pauvre et son petit frère est mort de faim, des années plus tard elle fait un enfant en attendant de lui qu’il soit aussi fort que possible dans la société et ne manque de rien. Cet enfant développe un mode de pensée mais aussi un corps (surpoids) qui va en ce sens. Il peut se sentir très mal dans ce corps qui lui semble étranger.

Il faut comprendre cette transmission non comme une accumulation mais comme un phénomène ondulatoire, qui par nature se propage dans le temps sans s’affaiblir à travers les cellules de chaque individu de la descendance. Elle est capable de mettre les cellules en ordre de marche conformément aux informations dont elle est porteuse. Lorsqu’on a compris que le corps et l’esprit sont deux aspects différents d’une seule et même chose, tout cela devient plus clair. C’est ce que la physique quantique tend à démontrer.

Ces fluctuations dans l’expression des gènes ne sont aucunement un programme inéluctable. C’est nous qui au final choisissons notre mode de réponse, en fonction de la qualité de la relation que nous entretenons avec notre environnement. C’est donc une question de conscience et de présence. A défaut, il va se constituer progressivement ce qu’Eckart TOLLE appelle un corps de souffrance. L’anorexie est peut-être un réflexe de survie pour s’en débarrasser.

Une volonté irrépressible d’aller jusqu’au bout… de quoi ?
La relation conflictuelle chez l’anorexique n’est pas seulement avec la nourriture mais avec la matière. En refusant de s’alimenter, c’est bien son corps qu’elle cherche à modifier, comme si elle voulait en arracher quelque chose. Nous sommes face à un phénomène particulier où la destruction est synonyme de libération. Dans sa logique binaire, l’inconscient va au plus direct : si je ne peux pas me débarrasser des pensées qui me hantent et que mon corps en est imprégné, alors je vais me débarrasser du corps. Du coup, tant que ce « logiciel » inconscient tourne, il n’est pas possible d’avoir une image de soi réaliste. Un peu de corps, c’est toujours trop de corps.

Selon la loi de Hering, bien connue des homéopathes, le processus de rémission d’un état pathologique consiste à faire ressortir de la profondeur vers la superficie les souffrances qui l’ont constitué. La symptomatologie se lit à l’envers, c’est-à-dire dans l’ordre dans lequel la personne peut en exprimer la charge tant qu’elle en a la possibilité. En maigrissant, plus elle se rapproche du cœur du problème, plus elle risque de rencontrer des zones émotionnellement chargées, et parallèlement plus l’espoir de recouvrer sa vérité intérieure renaît. C’est ainsi qu’on peut voir, à un certain moment de la thérapie, les symptômes s’aggraver et en dépit de cela le patient se sentir mieux, comme s’il devenait plus fort. Cela expliquerait dans une certaine mesure le sentiment d’euphorie et le déni de toute gravité souvent constaté chez l’anorexique. Vous sentez-vous menacé dans votre santé lorsque vous vous débarrassez de quelque chose qui ne vous appartient pas et vous parasite ?

Une maladie presque exclusivement féminine
La femme est davantage concernée parce qu’elle est traditionnellement chargée de nourrir les siens et que de nombreux regards pèsent sur elle. L’image qu’elle renvoie et la nourriture sont étroitement liées. Il y a aussi le refus de la féminité, de devenir une femme qui peut procréer, à l’image de la mère avec qui la relation n’a pas été concluante et dont on ne veut pas reproduire les schémas.

Il y a peut-être plus profond. Nous savons que la peur coupe l’appétit. Une femme peut avoir peur d’être abandonnée. Ce sont là encore des programmations issues de notre organisation sociale primitive. C’est ce qu’explique Laurent Daillie, auteur de « La logique du symptôme ». Dans les temps anciens, une femme abandonnée par son homme se retrouvait dans une situation critique. L’homme est le chasseur protecteur sans lequel les chances de survie sont très faibles. Pour éviter l’abandon, elle va s’accrocher obsessionnellement à son image et à son corps pour ne pas déplaire.

Le milieu de la mode sur le banc des accusés
La maigreur des mannequins représente bien le paradoxe d’une société où les gens doivent en faire toujours plus en prenant toujours moins de place et de ressources. Cela reste la partie visible de l’iceberg. L’anorexie est une maladie ancienne mais nous assistons à une explosion ces dernières décennies en Occident. Dans un monde d’hypercommunication où chacun parle mais personne n’écoute vraiment, à quoi se raccrocher ? Nos relations sociales sont organisées autour de la compétition et du paraître. Et malgré notre évolution, nous laissons encore beaucoup de gens sur le bord de la route. Il ne faut pas s’étonner d’en voir certains adopter une quête obsessionnelle de la perfection. Parler de la société nous conduit nécessairement à nous remettre en question individuellement.

L’anorexique est « malade du monde »
Je pense qu’on peut être malade d’avoir perdu le sens de la vie. On peut même en mourir. Les anorexiques ont une sensibilité à fleur de peau. Une remarque, un regard, des messages infra-verbaux suffisent à les ébranler profondément. Du coup elles auront tendance à se protéger de la vie parce que celle-ci fait mal.

Par exemple, nous considérons la nourriture comme de la matière inerte qui vient combler notre estomac ou calmer un manque affectif. La nourriture a été vidée de son sens qui est de renouveler la vie. Lorsque nous mangeons des animaux élevés en batterie dans des conditions épouvantables, leur souffrance se retrouve dans notre assiette. Certaines personnes plus sensibles n’ont aucune envie d’ingérer un tel concentré de manque de respect de la vie.

Le regard multimillénaire de la médecine chinoise
L’être humain est animé par un souffle vital (appelé QI) qui est l’addition de trois foyers. Le premier est le bagage que nous apportons à la naissance. Il inclut tout ce qui est hérité des parents et de la famille, le vécu prénatal et le cheminement de l’âme. Il constitue un capital de départ que nous faisons fructifier notre vie durant grâce aux deux autres foyers. Le deuxième, appelé énergie de la terre, correspond à la nourriture et ce que celle-ci nous apporte. Le troisième, l’énergie du ciel, correspond à l’air que nous respirons mais aussi à la qualité de notre environnement et de nos échanges sociaux. Ce sont nos nourritures spirituelles et subtiles.

La médecine chinoise met l’accent sur les erreurs alimentaires pour expliquer l’anorexie. Par ailleurs, elle ne semble pas différencier l’anorexie simple (perte d’appétit d’origine biologique) de l’anorexie mentale (le trouble psychiatrique). Cela n’a rien de surprenant. Toutes les manifestations du QI interagissent en permanence. Les personnes dont les énergies ancestrales marquent une sensibilité particulière peuvent réagir fortement et négativement aux énergies des aliments dénaturés, toxiques. Celles-ci peuvent réveiller certains schémas psycho-affectifs. Pour cette raison, une manifestation organique, matérielle, ne devrait jamais être ignorée ni sous-estimée.

Le système de santé dépassé par ces maladies
Notre vision de la santé doit être absolument dépoussiérée. La science moderne doit renouer avec cette vision globale de l’être humain qui a guidé tant de peuples sur le chemin de la santé. Nous sommes au 21e siècle et nous disposons des connaissances scientifiques qui permettraient de mieux comprendre les relations entre le corps, l’esprit et l’environnement. Les approches thérapeutiques mettant en avant la conscience de soi et l’expression corporelle doivent être encouragées. L’art-thérapie, la sophrologie sont sur le bon chemin et devraient côtoyer les neurosciences. Quant à la physique quantique, la place qu’on lui accordera en médecine sera décisive.

Les structures de soins adaptées restent peu nombreuses. La prise en charge des TCA demande une implication et une authenticité qui font peur à beaucoup de professionnels de santé. Il manque aussi des lieux d’écoute et d’orientation. Les médecins, souvent débordés, ont peu de temps à consacrer aux interrogations et aux angoisses des familles. C’est dans cette optique que j’ai récemment aidé à créer une association d’entraide, comme il en existe déjà plusieurs en France et qui font un boulot formidable.

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