Comment se soigner fin XIX debut XXème siecle 2 ème partie

Comment se soigner fin XIX debut XXème siecle 2 ème partie

Certaines formules son mêlées de prières et d’invocations empruntées à la religion et employées de manière superstitieuses et à ce titre interdites par le clergé.

Beaucoup de pratiques reposent comme dans la magie noire sur l’incantation s’inspirant des cérémonies païennes ayant recouru parfois aux holocaustes et aux immolations d’animaux. Comme un pigeon éventré vivant partagé en deux et appliqué tout chaud sur la tête du malade contre la méningite. En Touraine, ce remède ne guérit pas la méningite, mais le cancer !

Dans certaines contrées, on dit guérir des ulcères de l’estomac et de l’intestin avec la peau d’un mouton écorché vif ; mais pour que ce procédé soit efficace, le corps du mouton doit être abandonné dans un bois et offert aux « esprits » de ce lieu ;

En Dauphiné, on préserve les villages des épidémies en faisant brûler une chèvre vivante. De nos jours, tout de même avec l’instruction répandue dans les contrées les plus arriérées, les paysans préfèrent appel aux docteurs et aux vétérinaires, et les jeunes entendent conter des histoires par les vieilles personnes haussent les épaules et sourient, que demain un des leurs ou une de leurs bêtes ne soient malades, que la guérison tarde à venir, l’homme de l’art ne sera pas sorti de chez eux qu’ils écouteront le premier venu leur signalant les cures mirifiques faites par un tel ou un tel et iront les consulter.

Le pouvoir des sorciers est un héritage de famille, mais en certaines contrées il est considéré comme un don. Ainsi en Vendée, le septième enfant garçon d’une famille où ne sont nées que des filles est considéré comme ayant le pouvoir de guérir les écrouelles qu’on appelait les humeurs froides ou scrofuleuses maladies, maladies lymphatiques, adénite tuberculeuse difficilement guérissable. Dans les départements voisins, ce pouvoir est donné au septième enfant garçon, mais d’une famille composée uniquement d’enfants masculins.

En général les bergers sont plus ou moins rebouteux, guérisseurs, sorciers. On a vu des maisons passant pour conférer à leurs habitants le pouvoir de guérir.

Certains livres promettent d’enseigner le moyen de devenir sorcier, mais peu nombreux sont ceux qui apprennent réellement le pouvoir de guérir car les guérisseurs connaissent quelques connaissances transmises par des traditions orales et surtout sur l’expérience et le jugement. Malgré leur revêtement superstitieux, magique ou charlatanesque, ces connaissances ne sont pas dénuées de fondement scientifique, au contraire, l’observation, le bon sens, l’expérience jouent un rôle capital.

Ce sont des connaissances médicales primitives portant parfois en germe certaines des dernières découvertes et on établirait des rapprochement curieux entre ces pratiques empiriques et les diverses techniques médicales.

Les « cerneux », les « souffleurs », les « toucheurs » mais ils s’apparentent aux médecine guérissant par la méthode sympathicothérapie, l’acupuncture de la vieille médecine chinoise fait penser aux figures de cire piquée d’épingles dans un but malveillant. Les guérisons de la médecine homéopathique ont leur pendant chez beaucoup de guérisseurs.

La médecine par les glandes endocrines et toute l’opothérapie se rencontre avec l’ingestion des organes semblables des animaux.

La lecture de l’œil, celle des lignes de la main trouvent leur emploi dans les examens de certains savants ; quant à l’usage des plantes et des simples les applications scientifiques nouvelles avec l’utilisation des vitamines donnent raison aux remèdes par les plantes de pas mal des vieilles bonnes femmes qui conseillaient des remèdes et de tisanes à base de plantes.

Et l’on a cité des guérisseurs utilisant l’effet curatif d’une tranche de pain moisi. N’est-ce pas sur les champignons que reposent toutes les cures au moyen de pénicilline, la dernière venue dans les découvertes merveilleuses de la médecine.

Le pouvoir de beaucoup de guérisseurs est d’ordre purement moral, la suggestion, la confiance dans leur pouvoir sont les meilleurs secrets qu’ils possèdent surout l’influence de leur volonté forte par des esprits faibles ou qui souffrent. Ils savent le besoin d’espérance des humains dans le malheur.

Le paysan est toujours superstitieux et le reste. Il n’est pas beaucoup des gens des villes malades qui n’écoutent les conseils d’amis ou d’étrangers indiquant un remède ou les cures scientifiques de gens diplômés ou non que l’on va consulter avec la foi d’un guérison qui tarde et qu’on désirerait tant voir enfin arrivéq.

Quand un malade ne guérit pas assez vite il est rare si les parents ne vont pas trouver « lou débinaïré ». Généralement, celui-ci se met à faire des simagrées des plus étonnantes. On raconte qu’une des plus comiques employées vers Alban, consistait à cribler l’eau « curbella l’aïgo ». Notre homme allait à la fontaine tenant un crible « un curbel » où il faisait tomber de l’eau, le secouait comme s’il criblait du grain et à la manière dont l’eau s’écoulait, il se rendait compte de la nature de la maladie et du remède qu’il fallait appliquait. Alors, il faisait des prescriptions qui étaient presque toujours aussi étranges que ridicules et s’il s’agissait d’une femme, il ordonnait de réciter un certain nombre de Paters et d’Aves. Quelque fois même il recommandait de faire dire des messes.

Voici un remède déclaré infaillible qui guérissait toutes les maladies lentes accompagnées d’accès de fièvre. Il consiste à enfermer une araignée dans une petite boîte et à défaut dans un morceau de papier, de la jeter dans la rivière en tournant le dos à la rivière et ayant bien soin de ne pas regarder vers quel endroit le courant l’entraînai.

On peut lire dans le tome IV d’Alba Christiana ce qui suit : « on se débarrassait de la fièvre intermittente, de la goutte, des verrues en communiquant ces maladies à un saule, à un sureau, à un frêne ; mais il fallait prononcer certaines formules : « frêne, veuillez m’acheter cette verrue, ou bien on cloue la maladie dans le tronc d’un arbre, ou on s’en débarrasse en enterrant une boucle de cheveux du parient, ou des rognures de ses ongles, ou quelque chose d’analogue.

Près d’Angers, un vieil usage voulait que chaque charpentier, charron, menuisier, maçon passant près d’un chêne qu’on appelait le chêne Lapalud y fixait un clou. En perse on trouve des arbres vénérés couverts de clous ; ils portent suspendus à leurs branches des ex-votos, des amulettes, des guenilles et les derviches et les fakirs accourent se placer sous leur arbre. Des habitants d’Afrique Occidentale suspendent des chiffons à certains arbres et enfoncent une multitude de clous dans les grands baobabs pour y suspendre des offrandes. Dans certains pays on sacrifie sous certains arbres des bœufs, ailleurs, on immole des chevaux, dans l’Inde anglaise des porcs. On pense que les clous, les boucles de cheveux, les objets suspendus sont déposés là comme à un saule de Cadalen, comme des réceptacles de certaines maladies. Les arbres du démon en Afrique, les arbres sacrés du Sindu sont chargés de chiffons auxquels les habitants ont transféré leurs maladies.

Que de remèdes, de recettes, de conseils, pour faire disparaître les verrues. La Revue du Tarn t18-19 rapporte : « Si vous avez les verrues sur les mains, voici une vieille recette : prenez un nombre égal de haricots et à reculons laissez-les dans un puits ; quand les haricots seront détruits vous serez guéri.

En Angleterre, on croit qu’on peut se débarrasser des verrues en touchant chacune d’elles avec un caillou ; puis on place ces cailloux dans un sac qu’on abandonne sur la route conduisant à l’église dans le but de transférer la maladie à quiconque ramassera le sac.

Si vous avez des verrues voici un autre remède, prenez autant de grains de sel que vous avez de ces vilaines petites tumeurs, allez jeter ce sel dans le four du boulanger et sauvez-vous, il ne faut pas entendre le grésillement du sel au contact du feu.

Encore un autre moyen infaillible ; lorsque vous vous promenez dans un champ, si vous trouvez un os quelconque, mais un os que vous ne cherchez pas tout spécialement, frottez toutes vos verrues avec cet os et jetez-le par dessus votre épaule ; vos verrues disparaîtront ; c’est sûr. (Remède communiqué par Henri Roques fermier de Lugan vers 1900).

On rit, on sourit de ces conseils ; une de mes amies, Melle Béziat de Roujan désolée de ses verrues alla trouver une vieille femme nommée Azéma : « Compte bien toutes tes verrues, lui dit celle-ci, et tu viendras me dire le nombre. » Les verrues disparurent !

Moi-même, j’avais une dizaine d’années, mes mains étaient remplies de verrues dont certaines vilaines à voir me faisaient mal. Me trouvant sur le chemin de Gos, près du pré où je gardais mes brebis, Touéno dé la Roussélo, celui qu’on appelait « lou barbut » et qu’on disait guérissant du secret , je lui demandai de me faire partir « lous agacis » . Mostro, me dit-il oï, paouré pitiou. Il prit mes mains, les passa dans les siennes, comme s’il voulait prendre tout ce qui se trouvait dessus, attirer mes verrues : « Baï aquo sera pas rés, s’en anaroou ! » Et sans m’en être rendu compte, mes verrues disparurent. Je n’en ai jamais plus revues.

Je ne puis que rapporter ce qui m’est arrivé, que le lecteur juge, qu’il trouve une explication, qu’il estime que je suis un naïf, qu’il pense que les verrues seraient ou devraient partir par suite de mon état de santé, qu’il trouve toute autre raison : j’avais mes mains remplies de verrues, le fermier de La rousselle, près de Gos, me dit : « elles vont partir », elles disparurent comme par enchantement. Voilà.

Vous voulez d’autres recettes, en voici.

Piquez la verrue avec une épingle froide préalablement chauffée au rouge pour la désinfecter mais que vous aurez trempée dans un flux menstruel.

Coupez une pomme en deux, frottez les verrues avec les morceaux et mettez la pomme dans un endroit caché, et ne plus la regarder. La pomme pourrie, les verrues auront disparu.

Contre la dysenterie, faire bouillir des limaces rouges des prés et boire le jus dans du café (une ou deux cuillerées). À peine ce café sera bu, une buée passera devant les yeux et le patient sera guéri trois ou quatre jours après.

Voici des recettes qui m’ont été données ces jours-ci par un ancien officier de la Légion Étrangère :

Contre les fièvres : boire une infusion de radis noir.

Pour les entorses : prendre deux blancs d’œuf, les battre en neige, en imprégner du chanvre, en entourer l’entorse, le chanvre fortement bandé autour de la partie malade, avant de se coucher. Le lendemain, on est guéri.

Blessures de guerre, hémorragies internes : boire un verre d’urine humaine et l’hémorragie s’arrête.

Rougeole des enfants : prendre 25 g de racines de bardane, les faire bouillir 5 minutes dans un litre d’eau et pendant trois heures consécutives donner au malade une cuillère à café de la boisson obtenue, cela toutes les 5 minutes.

Mal de gorge, angines : mettre le soir en couchant une chaussette bien sale autour du cou.

Contre le mal blanc : faire une application de mie de pain et de lait de femme.

Œil de perdrix : durillons sous la plante : faire chauffer au rouge une aiguille et piquer la partie centrale de l’œil du durillon avec l’aiguillon refroidie de manière à faire pénétrer du lait d’une figue non mûre ramassée depuis peu ; répéter trois fois

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